Paramètres ERT
Travaux de Recherche par T. Lebourg, Géoazur, UNS, Nice, France.

vendredi 4 décembre 2009 par Wanda BEROLO

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Panagopoula

ERT1.

ERT1 a été réalisée le long de l’axe de la pente (voir figure). Le courant coupe les failles normales E-W et plusieurs contacts entre les unités calcaires. La profondeur d’investigation est d’environ 300 m avec une résolution métrique. La première figure ci-dessous montre le résultat de l’inversion (RES2DINV, Geotomo Software) obtenu après le filtrage des données avec le dispositif pôle-pôle (valeur de la moyenne quadratique RMS - Root Mean Square - environ 6%). La pseudo-section inversée, appelée "Image de Résistivité Electrique" est le résultat d’un processus itératif qui tend à minimiser la différence entre les mesures de résistivité mésurées et calculées. L’erreur en moyenne quadratique ou erreur-type (Root Mean Squared - RMS) donne une mesure de cette différence. Des détails supplémentaires se trouvent dans l’article produit par M.H. Loke et R.D. Barker (1996).

L’étendue des résistivités du modèle obtenu est incluse dans l’intervalle [30 à 300 Ω m], différencié en deux unités : (i) la première avec une valeur de l’étendue allant de 30 à 130 Ω m et (ii) la seconde avec des valeurs s’étendant de 130 à 300 Ω m. Nous observons également dans les deux unités l’évolution de la résistivité, avec une longue structure verticale associée à des failles, et une autre plus profonde. La décroissance de la résistivité dans les structures verticales peut être interprétée comme zones de failles soumises aux conditions météorologiques et aux écoulements de l’eau. La seconde zone soumise à des résistivités plus faibles semble être sous l’influence de l’eau saline.

Considérant ERT1 par rapport au cadre géologique, l’étendue des fortes résistivités est associée à la présence de calcaire gris du Crétacé, tandis que la plus petite étendue correspond au calcaire pélitique violacé. La zone verticale de faible résistivité décrite dans la partie centrale du profil est connectée à une zone plus complexe. La faille E-W au nord (sur la coupe géologique) coïncide avec la structure observée sur ERT1. Les deux géométries sont similaires, ce qui confirme le choix de l’inflexion sur le tracé des failles. Le contact entre le calcaire gris du Crétacé et la calcaire argileux rouge n’est pas visible sur ERT1, car, dans des conditions de temps sec, il existe une forte vraisemblance que ces lithologies soient électriquement homogènes (V. Chaplot et al, 2004).

ERT2.

ERT2 a été réalisée au pied du versant de Panagopoula, près de la côte sur un dépôt alluvial récent. Selon la carte géologique et la séquence stratigraphique régionale, le substrat rocheux serait constitué de calcaire gris du Crétacé. Le but de ERT2 est de caractériser le contact entre ces calcaires et les calcaires argileux rouges observés 4 km à l’ouest. Le modèle inversé résultant des mesures pôle-pôle (profondeur 300 m) est présenté dans la seconde figure.

Deux unités de résistivité apparaissent : (i) une première s’étendant de 1 à 130 Ω m et (ii) une seconde avec une étendue de résistivités de 130 à 350 Ω m. Le modèle obtenu est homogène avec une épaisseur de masse de 150 m (0 to 130 Ω m) couvrant l’unité de plus forte résistivité (130 to 350 Ω m), dont l’épaisseur minimum est de 150 m. Cette seconde unité semble cependant physiquement moins homogène que la première. Elle présente dans sa partie médiane une bande de plus faibles résistivités (130 Ω m), d’une épaisseur de 150 m et d’une inclinaison de 15° vers l’ouest qui n’est pas interprétée.

La figure montre la corrélation des valeurs de faible résistivité électrique avec le calcaire gris du Crétacé, et des valeurs fortes avec le calcaire argileux rouge. Le contact entre les deux unités physiques (ERT2) correspond à la projection géométrique du contact stratigraphique observé quelques kilomètres à l’ouest. Contrairement à ERT1, le calcaire gris montre ici des valeurs de faible résistivité. Prenant en compte la proximité de la mer, on peut penser que cette différence de résistivité est due aux infiltrations de l’eau de mer. Elle correspond à une bordure saline dont la géométrie caractéristique (P. Henry, 1964) explique l’anomalie de faibles résistivités à l’extrémité nord de ERT1.

Conclusion.

En définitive, le couplage entre des observations de surface et des mesures physiques en profondeur permet une contrainte satisfaisante du modèle géologique et des liens géométriques entre géologie/failles et glissements de terrain. En particulier, il apparait que deux principales déformations de versant affectent la pente :

(i) un mouvement superficiel dans les formations météorisées et un plus profond,

(ii) un mouvement plus lent exprimé par les affleurements en cisaillement dans les structures anthropiques.

Par ailleurs, la faille E-W supérieure semble être actuellement active et contrôler les dépôts de colluvions à l’ouest. Une prospection instrumentale a été entreprise dans le but de quantifier les composantes gravitaires et tectoniques dans les processus de déformation de versant.

ERT1 et ERT2 avec interprétation géologique
 
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