Approche géophysique
Travaux de Recherche par T. Lebourg et B. Fresia, Géoazur, UNS, Nice, France.

jeudi 10 décembre 2009 par Wanda BEROLO

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Afin de mieux contraindre les observations effectuées sur le site, il a été réalisé plusieurs campagnes de tomographie électrique sur la superficie du glissement. En effet le principe de tomographie électrique s’applique bien à la description de glissements de terrain et à l’étude des déplacements hydrauliques en sous-sols. A savoir que cette approche ne permet pas de localiser avec certitude les interfaces et les formations mais d’en préciser la géométrie et la puissance et ce avec une résolution métrique.

Une première campagne de tomographie électrique (4 profils dipôle-dipôle et pôle-dipôle), réalisée par le laboratoire Géoazur, a permis la mise en évidence d’une variation structurale correspondant à la surface de glissement entre 10 et 15 m de profondeur, ce qui correspond aux résultats de l’étude inclinométrique.

Profils réalisés lors de la première campagne de tomographie électrique

Les données inversées montrent une couche supérieure caractérisée par des résistivités faibles correspondant aux sables argileux et une couche inférieure plus résistante correspondant aux calcaires sous-jacents. Cette étude révèle aussi l’existence de zones de failles en bas de glissement mises en évidence par des bandes de faibles résistivités dans la couche résistante calcaire, homogène sur les autres profils.

Une deuxième campagne, couplé à une cartographie de terrain, à donc été menée afin de confirmer les résultats précédents (puissances et interfaces des formations) et de contraindre les failles en profondeur, mal définies sur la première campagne. Nous avons utilisé les méthodes dipôle-dipôle (dd), pôle-dipôle (pd) et pôle-pôle (pp) sur chacun des profils. L’avantage de travailler sur les trois méthodes est de pouvoir passer d’une échelle de profondeur à l’autre pendant l’interprétation des données malgré la perte de précision sur les profils pp et pd.

Ces profils donnent les informations et les interpolations suivantes :

  • on discrétise les horizons géologiques : une masse résistante (supérieure à 60 Ω m) associée aux calcaires, une masse conductrice en surface (inférieure à 30 Ω m) apparentée à la masse mobilisée par le glissement et un autre masse peu résistante en profondeur représentant les marnes du Crétacé,
  • la surface de rupture se situe à une profondeur d’environ 15 à 20 m sur le centre du glissement et remonte sur les bords à des profondeurs de 5 à 10 m, ce qui valide les données inclinométriques de l’étude menée par Simecsol,
  • le glissement est bordé à gauche par une faille majeure drainante qui décale la couche calcaire, plus épaisse à l’extérieur du glissement,
  • on retrouve le même schéma à l’opposé où une faille similaire borde le coté Est du glissement,
  • d’autres accidents découpent la masse calcaire en décalant les bancs de quelques mètres,
  • on trouve une zone résistante en surface au centre du glissement. Ce bloc résistant se retrouve sur tous les profils et semble constituer une couche plus compétente (calcaire gréseux de l’Eocène ?) en concordance sur les sables. On remarque d’ailleurs qu’aucun mouvement significatif n’a pu être mis en évidence sur cette partie du glissement.