Les mécanismes qui régissent les mouvements du versant : étude des déplacements et vitesses entre 1997.5 et 2006.5
lundi 26 octobre 2009 par Wanda BEROLO

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Le calcul des mouvements de l’ensemble des cibles du site de La Clapière entre 1997.5 et 2006.5 permet d’avoir un point de vue plus global sur le mouvement général du glissement de terrain. Globalement, on note :

- un ralentissement général sur toutes les cibles mobiles, mais beaucoup moins marqué dans certaines parties du glissement comme dans la partie du lobe Nord-Ouest en arrachement (vers la cible 6),
- une crise majeure (très forte accélération : jusqu’à + 50 m/an dans le lobe Nord-Est...) visible sur toutes les cibles, en 2001. Néanmoins, elle ne touche pas toutes les zones du glissement avec la même intensité : elle est extrêmement forte dans le lobe Nord-Est, très forte dans le glissement principal et le glissement inférieur (voir figure ci-dessous), moins forte dans la partie en arrachement du lobe Nord-Ouest,
- une crise importante début 2003, d’intensité moindre que celle de 2001. Elle semble toucher l’ensemble des cibles de manière plus homogène que celle de 2001,
- plusieurs grosses accélérations puis ralentissements entre 1998 et 2000, seulement observés sur le lobe Nord-Est.

 

Les vitesses en mètres/an par rapport au tachéomètre de plusieurs cibles sur la période 1997.5-2003.7, avec au centre du graphe la crise de 2001 (les courbes ont été translatées verticalement pour une meilleure lisibilité. Les vitesses de départ en 2002.7 et les vitesses maximales lors de la crise sont indiquées sur le graphe)

Il est intéressant de noter que ces deux crises touchent d’abord le lobe Nord-Est (et le lobe Nord-Ouest pour celle de 2003), puis ensuite, de 1 à 2 mois plus tard, le reste du glissement. Cette constatation est flagrante pour la crise de 2003, comme le montre la figure ci-après. La crise s’initie dans les parties supérieures du glissement, et ensuite se propage dans le sens de la pente, jusqu’à toucher les zones les plus basses du site.

 

Les vitesses en mètres/an par rapport au tachéomètre de plusieurs cibles lors de la crise de 2003 (les courbes ont été translatées verticalement pour une meilleure lisibilité. Les vitesses de départ en 2002.7 et les vitesse maximales lors de la crise sont indiquées sur le graphe)

L’analyse de ce phénomène conduit à la conclusion suivante. Les lobes Nord-Est et dans une moindre mesure Nord-Ouest ont une vitesse nettement supérieure au reste du glissement et sont de plus hétérogènes et instables. Dans des conditons favorables au glissement (précipitations importantes par exemple), ces zones peuvent accélérer brutalement. Elles viennent alors buter sur les zones inférieures (glissement principal) créant un surpoids important qui provoque leur accélération. La crise se diffuse alors de proche en proche jusqu’à la vallée de la Tinée.